Comment diagnostiquer un enfant dysphasique ?

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Par Monique Touzin & Marie-Noëlle Leroux.

Extrait du livre 100 idées pour venir en aide aux enfants dysphasiques.

Face à un enfant présentant des difficultés de langage, la question du diagnostic est une préoccupation essentielle pour les parents. Ils sont souvent les premiers à se rendre compte que l’enfant a un développement du langage différent de celui des autres, mais ne savent pas vers qui se tourner, ni qui consulter pour mieux comprendre ses difficultés.


Il ne faut pas suivre les bons conseils prodigués par l’entourage comme : « attendez et çà viendra » ou « laissez lui du temps, c’est normal qu’il ne parle pas ». Si les parents sont inquiets, il faut qu’ils en parlent à quelqu’un et qu’ils prennent l’avis de professionnels. Ils seront rassurés si effectivement il n’y a pas de trouble ; dans le cas contraire, la précocité de la prise en charge sera un atout pour l’enfant.

En cas d’inquiétude, les parents doivent consulter le médecin de l’enfant, médecin généraliste, pédiatre, ou médecin de PMI. Après un entretien avec les parents et un examen de l’enfant, le médecin fera les examens et observations qui lui permettront d’éliminer toute autre cause évidente au trouble du langage : en tout premier lieu, le déficit de l’audition. Ensuite, il faut penser au retard global de développement, trouble de la relation ou autres troubles du développement, ainsi que le manque de stimulation langagière par l’environnement.

Selon l’âge de l’enfant et à la suite de ces premières constatations, le médecin pourra demander d’autres évaluations à faire réaliser par des spécialistes : ORL, orthophoniste, psychologue…

L’examen psychologique aura pour but de faire l’évaluation des fonctions cognitives de l’enfant, mais aussi d’évaluer ses aptitudes relationnelles, toutes pouvant interférer avec le développement du langage. L’orthophoniste évaluera les compétences langagières de l’enfant au niveau expressif et au niveau de la compréhension, ainsi que la qualité de sa communication.

Ensuite, seulement, la décision sera peut-être d’attendre et de refaire le point quelques mois plus tard, mais des conseils seront prodigués aux parents pour favoriser entre temps le développement du langage de leur enfant.

On peut donner quelques repères pour l’acquisition du langage ; à 2 ans, l’enfant dit une cinquantaine de mots ; à 3 ans, il fait des phrases et comprend l’essentiel du langage, il est compréhensible par quelqu’un d’extérieur à la famille. Si ces critères ne sont pas atteints, l’enfant présente peut être un simple retard dans ses acquisitions, mais cela peut aussi être le signe d’un trouble du développement du langage ou d’un autre trouble. C’est pourquoi une consultation est toujours nécessaire. Quand l’enfant est très jeune, cela permettra de vérifier qu’il n’y a pas d’obstacle au développement du langage et les parents pourront alors encourager sereinement leur enfant dans son acquisition langagière. S’il y a une difficulté particulière, alors il sera préférable de s’en occuper le plus tôt possible afin de donner à l’enfant les meilleures chances d’acquérir le langage.

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