Pourquoi faut-il lire des comptines à un enfant dysphasique ?

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Par Monique Touzin et Marie-Noëlle Leroux

Extrait du livre 100 idées pour venir en aide aux enfants dysphasiques.

Tous les enfants aiment les comptines, parce qu’elles ne font que peu appel à la compréhension, qu’elles sont rythmées et donnent un aspect ludique au langage. Elles s’apparentent en effet à une sorte de langage musical, associant un rythme verbal, des rimes et une mélodie. Elles donnent envie aux enfants de bouger, de danser, permettent aussi de trouver plaisir à jouer avec les mots et les sons, à retenir des séquences, à moduler sa voix en intensité, hauteur, intonation, c’est-à-dire de façonner une prosodie. Chez les petits, elles permettent aussi d’associer des gestes à des paroles.

Malgré ses difficultés de langage, l’enfant dysphasique prend plaisir à apprendre les comptines : en favorisant une approche ludique de la langue, de sa forme sonore, de son rythme, elles présentent également un intérêt pédagogique.

L’enfant prend conscience des sons qui se ressemblent, des syllabes identiques qui terminent des mots différents, du rythme qui aide au traitement cognitif du langage. Il s’amuse des répétitions de sons, des reformulations des phrases qui témoignent de la multitude des modèles de phrases. À force de répétitions, il intègre des notions sur la langue qu’il ne perçoit pas dans le discours habituel.

Cela lui permet aussi de mémoriser des séquences et de faire des apprentissages comme les noms des jours de la semaine, les lettres, la suite numérique (« 1 2 3 nous irons au bois, 4 5 6 cueillir des cerises… »). Le caractère constant des comptines, d’une fois à l’autre, est un élément rassurant, il donne des référents stables à l’enfant d’où il pourra extraire les éléments constitutifs de la langue qu’il pourra ensuite transférer et généraliser.

Les comptines permettent aussi d’améliorer la production et l’articulation de certains sons, favorisent la discrimination de sons proches, mais non identiques, et le développement du vocabulaire et de la syntaxe

Pour l’enfant dysphasique, tout cela reste vrai, mais il faudra tolérer le fait que les comptines, reconnaissables par leur mélodie et leur rythme, seront souvent déformées sur le plan de l’articulation. Néanmoins, l’enfant pourra trouver du plaisir à les chanter, avec les gestes au besoin, comme quelque chose d’appris, de stable dont il sera fier. La précision s’acquerra peu à peu, les déformations deviendront moins nombreuses, et cela créera chez l’enfant des automatismes articulatoires et d’enchaînement de mots.

C’est donc une activité à privilégier chez les jeunes enfants dysphasique, dans un moment de proximité et de complicité avec l’adulte et éventuellement d’autres enfants, sans être trop exigeant sur l’exactitude, mais en prenant du plaisir.

photo : pexels

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